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Nine Goblins – par T. Kingfisher : perle verte et visqueuse

Le goblin est une des créatures les plus modestes du bestiaire fantasy classique.  Il va rarement, à lui tout seul, mettre un empire à feu et à sang.

De la même manière, Ursula Vernon (sous le pseudonyme de T. Kingfisher) ne prétend pas non plus écrire de l ‘epic fantasy’ mettant en jeu le destin du monde.

Elle n’a qu’une ambition : nous faire passer une ou deux heures agréables en compagnie de ses troupiers.

Et elle y arrive très, très bien.

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Amorce de l’histoire : une escouade de neuf goblins s’égare lors d’une bataille contre les elfes et les humains.

Rendre attachant ce qui aurait bien besoin de détachant

Nine goblins relève de la pièce de théâtre.

Il s’attarde sur un groupe de quelques peaux vertes, lui adjoint quelques autres protagonistes, explore quelques décors, et le tout est joué. Rien qui ne peut être mis en scène à l’aide de deux ou trois artifices bien placés. Et beaucoup de maquillage.

En se focalisant sur ce nombre limité d’éléments, Ursula Vernon parvient à les rendre vivants. Les tas de remugles sur pattes que constituent les personnages jaillissent du livre pour envahir notre imagination. Et ce avec une netteté assez stupéfiante. Tout tient aux dialogues.

L’on assiste donc aux chamailleries, aux plaintes et aux idées absolument minables des membres de cette l’escouade, spectacle réjouissant parce que donné avec un ton juste et un art consommé de la stupidité.

Rien de baddass, il faut le dire. Votre coeur ne sera pas gonflé par l’émotion que procure une charge du Rohan. Vos rêves de gloire ne se concrétiseront pas sur le papier. Mais sans doute serez vous surpris par la logique des gobelins. Une vraie logique, un raisonnement tordu, et tellement évident une fois énoncé, qui prouve que l’auteur a réussi à dépasser largement le stade du cliché, pour se glisser dans la peau sale de ses personnages*.

Je vous laisse en juger avec cette citation :

Goblins appreciate machine that are big and clunky and have lots of spiky bits sticking off them, and which break down and explode and take half the Corps with them. That’s how you knew it worked. If it couldn’t kill goblins, how could you trust it to kill the enemy ?

 

Si vous deviez trouver un premier livre pour vous mettre à la fantasy en anglais, Nine goblins serait probablement un très bon choix (rappelez-vous juste que ‘zucchini’ veut dire ‘courgette’).

Donnez lui donc juste sa chance. Pour la petite heure de lecture qu’il demande, il le mérite amplement.

Vive les romans basés sur des races débiles ! Ils tiennent leurs promesses.

*à ce titre, l’auteur devrait gagner un ‘point Terry Pratchett’. Ou une médaille.

NB : ce livre est auto-édité. Vous trouverez les informations nécessaires pour vous le procurer au format électronique sur le site de T. Kingfisher.

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