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Swords and scoundrels – par Julia Knight : chamailleries à coups de rapières

Ce n’est pas un roman bien écrit.

Ni même bien ficelé, d’ailleurs.

Mais il utilise une mécanique narrative ingénieuse, entre passé et présent, et un jeu d’attraction / répulsion bien mené entre le frère et la soeur.

Et, surtout, surtout, il se situe dans un monde fantasy confronté au progrès technologique.

Quel bien cela fait, de se détacher du poncif « déclin d’une civilisation millénaire dont des héros cherchent désespérément à déterrer des trésors perdus »…

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Gros clin d’oeil à la Révolution française

Dans l’univers de Julia Knight, une royauté est renversée par un mouvement populaire.

Les dieux qui asseyaient son autorité sont bannis.

Et la seule existence d’une divinité est celle d’un Dieu horloger.

—- apparté —-

Peut-être est-ce une erreur, mais je ne peux pas m’empêcher de penser à la vision religieuse des Lumières qui, loin de réfuter toute existence divine au nom de la raison, lui préfèrent un dieu horloger, minutieux, capable de façonner notre univers dans toute sa complexité, et d’expliquer ainsi toutes les merveilles de la nature que la science découvre.

—- /apparté —-

A cette même époque, les lames sont affinées, et les pistolets à silex et à percussion se sont généralisés.

Voici donc le contexte de ce livre : les deux héros, fines lames forcément, sont, dès les premières pages, dépassés par des armes qui ne nécessitent que quelques minutes d’apprentissage  – le temps de comprendre dans quel sens pointer le canon et où se trouve la gâchette -.

Ils sont rapides, mortels, renommés… et déjà périmés.

C’est pour cette seule raison que, contrairement à de nombreux personnages de fantasy, il est possible de leur pardonner leur insupportable habilité au combat.

Des personnages posés en équilibre

Julia Knight ne ménage pas ses efforts pour affiner les relations d’amour et de haine entre le frère et la soeur.

  • Elle ajoute de la perspective à travers des flashbacks à répétition.
  • Elle explore leurs pensées, leurs envies et leurs contradictions.

Bref, elle tente de la jouer subtil.

Mais, paradoxalement, c’est dans les personnages secondaires qu’elle réussit le mieux à se dégager des stéréotypes.

  • L’ennemi principal du duo de héros est un indécis.
  • Leur meilleur allié est un benêt très réussi.
  • Et les pontes qui tirent les ficelles ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

Peu de leçons de morales, donc.

Et encore moins d’occasions de deviner vingt pages en avance ce qui va se passer – au risque d’éprouver le sentiment de n’aller nulle part…

Pas bien subtil, et alors ?

On pourrait lister longtemps les livres du même genre qui le battent à plate couture.

  • Dans le style « histoire de vauriens », les histoires Salauds Gentilhommes sont plus jouissives.
  • Gagner la guerre regorge d’une gouaille dont Julia Knight ne pourrait même pas rêver.
  • Le Prince de la pègre se révèle plus tortueux.

Mais  :

  • Scott Lynch accuse un retard moyen de 3 ans sur ses derniers ouvrages.
  • Jaworsky ne sort pas un livre par semaine.
  • Et Douglas Hulickdéçoit après le premier tome.

Et les lecteurs assidus doivent bien lire…

Dans un genre qu’il n’est pas si aisé d’alimenter, Swords and Scoundrels a le mérite de délivrer une marchandise honnête : une histoire sans trop de fioritures qui jongle avec les idéaux sans morale cachée.

Au regard de la production fantasy actuelle, c’est déjà pas mal…

Citation :

Ok, Vocho, you annoying little bastard. […] At least I know when you’re lying, because your lips move.

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