Below – par Lee Gaiteri : bonne pioche

Vous aimez les explorations de donjons souterrains ?

Les lentes progressions dans les profondeurs des tunnels ?

Les ambiances claustrophobes ? Les pièces éclairées par des torches, des orbes ou des champignons qui ont le bon goût de luire ?

Les voyages qui sèment derrière eux quelques tombes creusées à la hâte ?

Les histoires sous la montagne sans l’éternelle obligation de parler de nains ?

Alors vous allez retrouver une ambiance glauque à souhait.

Une ambiance que, de prime abord, les jeux vidéo semblent s’être accaparée, via les RPG et hack&slash.

Une ambiance que les romans de fantasy ont délaissé, trop souvent occupés à dépeindre les royaumes en guerres et les villes en flamme.

Lorsque la littérature s’empare du sujet, il s’agit de romans parodiques de jeux de rôle.

Il faut croire que le donjon sérieux est un cliché pestiféré.

Ce roman est là pour remédier à cette injustice.

Il nous plonge avec délice dans les affres de la fièvre de l’or. Celle qui pousse à renoncer à la lumière du jour pour affronter tout ce qui rampe dans la pénombre.

Below aime sincèrement les donjons. Et cet amour est contagieux.

Below_Lee-Gaiteri

Eluder pour mieux raconter

L’auteur a le bon goût d’éviter les explications.

Il sème ses indices sur son univers, univers emprunt d’Histoire réelle autant que d’élément de fantasy classique (magie, gobelins, etc)..

Il attribue les compétences et les habilités aux aventuriers sans les cloisonner à un rôle de guerrier / mage / archer / comique-qui-va-mourrir-en-premier.

Il relie les tunnels de son monde souterrain sans nous gratifier d’une carte en trois dimensions.

Bref, il plante son univers et le laisse pousser le plus naturellement du monde.

A ceux qui cherchent une cohérence, ou qui ont besoin de tout comprendre, la situation peut paraître perturbante, voir parfois absurde. J’y trouve un parti pris assumé, très efficace pour qui veut bien se prendre au jeu.

Dessine moi tout un bestiaire

Ce livre est un hommage.

A ce titre, il prend bien soin de passer en revue toutes les créatures du ‘donjon de référence’.

Il nous les présente gentiment, juste avant de les disperser au quatre coins des grottes.

De manière détaillé, il se penche sur l’art et la manière de se battre avec sa tête, d’utiliser les sorts et les éléments, et d’adapter l’arme à son ennemi.

C’est une évidence pour un joueur chevronné, mais ce n’est pas une logique utilisée si souvent dans les romans de fantasy.

Donnez ce roman à un lecteur indulgent, et laissez-le apprécier les divertissantes et folkloriques mises à mort sur mesure que rencontrent les ennemis de nos aventuriers.

Le goût des intrigues

Il y a deux moteurs à l’expédition sous terre qu’organisent les aventuriers :

  • la folie des profondeurs, celle qui pousse à tenter le tout pour le tout pour un avenir glorieux,
  • l’esprit retors du héros, incapable de penser droit même devant un fil à plomb.

Le romancier les utilise comme deux jambes de longueur égale pour avancer.

Il y gagne un équilibre entre scènes d’action et turpitudes intérieures, ne laissant au final que peu de répit au lecteur.

Avec cette petite mécanique bien rodée, l’intérêt s’accentue à chaque escalier descendu, jusqu’à une fait bien maîtrisée.

Bref, si un jour votre neveu vous demande une histoire d’exploration souterraine à préférer à une ‘sortie par une belle journée ensoleillée’, ne lui tendez pas Jules Vernes. Offrez-lui Below.

Citation :

« I’d just like to know what I’m dealing with », Jase protested.

« No, » said Cirawyn. « You wouldn’t. »

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