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Normal – par Warren Ellis : l’avenir en forme de triste topic

Warren Ellis est tout sauf normal.

Ses personnages habituels vocifèrent contre un futur progressif à l’absurde.

Souvent, ils le font avec excès. La drogue, la violence, et l’abrutissement par injection d’images animées, style Las Vegas Parano, constituent leur nourriture.

Le titre de sa novella, Normal, est juste une provocation.

Mais également l’occasion de se poser dans une réflexion presque triste sur notre rapport à l’avenir.

Attention : léger changement de style.

vaisseau

Amorce de l’histoire :

Adam prédit le future. Et il s’en grille les neurones.

Envoyé dans un institut réservé à sa profession, il y trouve une collection de fous. Dont l’un disparaît.

Question de genre littéraire

Normal n’est pas un techno-thriller. Ou du cyberpunk. Ou un roman d’anticipation.

C’est un huis-clôt capable de nous faire frissonner à la simple évocation d’un monde extérieur que l’on ne voit jamais.

C’est une réflexion sur le poids qui pèse sur les épaules de quiconque tente de se projeter dans l’avenir.

C’est une farce grinçante à l’adresse de tous ceux qui contribuent à la forger, cet avenir.

Tout cela en à peine 80 pages. On pourrait croire le roman trop dense. Heureusement, il ne s’y passe (presque) rien !

Adam déambule, noue des relations, et tire ses conclusions.

Au lecteur de faire de même.

De l’impossibilité de rester serein en regardant l’avenir

Warren Ellis regarde le futur à travers un livre de sociologie.

Son personnage, Adam, fait de même. Et il est pris aux tripes par les implications des innovations technologiques sur notre vie courante :

  • Ce que cela veut dire de pouvoir parler en privé.
  • De pouvoir s’isoler.
  • De pouvoir manifester.
  • De se sentir libre.

Dans l’institut Normal, pourtant coupé du monde et de ses dangers, on s’aventure dans les théories qui menacent ces droits élémentaires.

Ce qui nous donne une légion de cadres en burn-out, sous anxiolitiques ou anti-dépresseurs, coupables d’avoir, avec leur science, joué avec notre avenir à tous.

Leur malaise collectif est communicatif, mais aussi instructif.

Warren Ellis nous suggère en effet qu’il y aura toujours une addition à payer.

 

Bon, pour me redonner la pêche, je vais aller traîner sur Facebook, moi…

Citation :

« Come on, » said the Director. « You are all completely mad people who mess around with technology and weird social theory for fun until your brains shit themselves and you fall over. Any of you could have done this. »

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