LUNA-Wolf-Moon_Ian-McDonald

Luna Wolf Moon – par Ian McDonald : théâtre de faible pesanteur, acte II

Wolf Moon est le deuxième tome de Luna, une série qui s’est rapidement forgée la réputation d’un ‘Game of Thrones’ version SF.

Si l’étiquette relève de l’argument marketing, on y retrouve effectivement :

– les intrigues,

– les jeux de pouvoir entre familles,

– et un univers non manichéen, capable d’écraser n’importe quel personnage d’une seconde à l’autre.

Wolf Moon poursuit efficacement l’enchevêtrement d’histoires amorcé dans New Moon.

Avec un découpage moins frénétique et une attention plus poussée apportée au ressenti de chaque personnage situé au centre des chapitres.

Encore quelques tomes à ce niveau de dextérité, et Ian McDonald pourra conquérir le public des fans de Game of Thrones.

vaisseau

Le pouvoir de la claustrophobie en SF

Le space opera dévore les espaces (quasi) infinis que promet l’univers conquis par l’Homme. Ian McDonal préfère le cloisonnement.

Ce sont dans des espaces étroits que se déroule toute l’action: dans des couloirs, dans des navettes, voir dans des combinaisons spatiales dont la moindre déchirure vaut pour arrêt de mort.

Car Ian McDonald utilise comme cadre une Lune non-terraformée. Elle constitue un environnement stressant, strictement délimité, qui créé une dynamique capable de focaliser l’attention du lecteur.

On ne s’échappe pas de la Lune. Chaque personnage est ainsi constamment placé dos au mur.

Et de cette manière, c’est un ressort classique de la dramaturgie qui est utilisé : une (presque) unité de lieu, dans un style très théâtral, propice à la concentration des émotions.

Classique, Ian McDonald l’est également dans sa vision de la violence. Il privilégie des combats au corps-à-corps, plus sanglants et plus intenses, aux duels d’armes futuristes.

Le moins que l’on puisse, c’est que cela fonctionne.

Parce que Ian mcDonald est un auteur aguerri et talentueux.

Parce qu’il a aussi rendu son univers accessible aux lecteurs :

  • La colonisation de la Lune n’est que faiblement avancée, donc les familles en lutte n’ont pas derrière elles des siècles de rivalité.
  • La liste des protagonistes est limitée et facile à identifier (à quelques manques d’originalité dans les noms près), leur rôle peut être résumé en quelques lignes.
  • La réflexion sur l’évolution des modes de vie et des technologies est circonscrite aux besoins qu’impose la survie en l’absence de terraformation.

Mais les recettes du succès se retrouvent surtout dans le mélange des petites innovations (on appréciera les ‘loups’ qui hurlent lorsque la Terre est pleine) et des canons du genre :

  • le cynisme des jeux de pouvoir,
  • le sexe
  • et les beaux sentiments.

Pas besoin d’être un lecteur chevronné de hard-science ou autre sous découpage de la SF, donc, pour apprécier cette seconde mouture.

Pas besoin non plus d’être un très bon lecteur de la langue de J. K. Rowling.

Profitez-en, car le principe des drames réussis est de ne pas rendre le lecteur patient. Vous n’aurez donc pas envie d’attendre chaque traduction en français.

0 réponses

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.