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Last year – par Robert Charles Wilson : voyage temporel sans cause à affect

Robert Charles Wilson a le mérite de ne pas nous ennuyer avec des règles strictes de causalité.

Son histoire de voyage dans le temps y gagne en originalité et en légèreté.

Elle peut ainsi se concentrer sur une rencontre intéressante entre l’Amérique actuelle et ses ancêtres.

Sans pour autant aller jusqu’au bout, hélas, de ses réflexions, ce qui me laisse sur ma faim.

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En un mot : dans l’Amérique de la fin du XIXième siècle, des voyageurs du futur établissent une cité pour une durée de cinq ans à des fins touristiques.

Une histoire plate dans un environnement original

La cité du futur apporte quelques idées stimulantes :

  • une histoire de voyage dans le temps vécue du côté de « bouseux du passé »,
  • une confrontation entre les époques (principalement focalisée sur la place de la femme) avec un travail intéressant de reproduction de mentalités aujourd’hui (majoritairement) dépassées,
  • une bonne mise en perspective du voyage temporel accaparé par l’industrie privée.

On se plaît à se mettre dans la peau d’un homme de 1876 qui découvre, ébahi, des technologies banales du XXIième siècle, et, à ce titre, la première partie du roman est agréable.

Cependant, cette première impression laisse place à la déception au fur et à mesure de l’avancée de la lecture.

Et pour cause :

  • les rouages de l’intrigue se révèlent simplistes (amateurs de rebondissements, passez votre chemin),
  • à une mise en place originale succède un roman d’action basique (on nous épargne juste le duel entre deux saloons à midi sonnant),
  • la question du langage, du ‘roman national américain’ et des références culturelles est très largement occultée,
  • les personnages ne gagnent aucunement en épaisseur, même lorsqu’ils dévoilent leur passé ou leurs attaches.

A bien des égards, ce roman se résume à des scènes d’émerveillement creux, comme lorsqu’un de nos ‘ancêtres’ découvre nos musiques modernes sur un Ipod et vit ce qui devrait être une expérience incompréhensible avec un petit haussement de sourcils.

Citation :

Jesse supposed most folks thought of the visitors from the future as near mythical being, […] and mythical being were expected to do shocking or unusual things. You’d be disappointed if they didn’t.

NB : Last year sortira en France le 18 mai 2017 sous le titre La cité du futur (éditions Denoël, collection Lunes d’encre)

The Builders – par Daniel Polansky : dynamite, revolvers et longues, longues moustaches

Voici un roman adolescent, empli de violence, de clichés, de poses et de répliques de durs à cuir.

Et n’allez pas croire qu’il s’agit là d’un reproche.

Daniel Polansky a écrit ce roman au second degré, pour le simple plaisir de revisiter à la sauce rongeurs des scènes cultes de western et de fantasy.

A l’inverse d’un taxidermiste, il ne fige pas souris, belettes et mouflettes, mais les remplit d’adrénalines et de caractères de badass !

A savourer comme une Légende de la Garde survitaminée.

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Amorce de l’histoire : un capitaine souris rassemble son ancienne équipe pour prendre sa revanche sur d’anciens camarades qui, 5 ans plus tôt, l’ont trahi et l’ont laissé pour mort.

Une recette classique respectée à la lettre

Tous les ingrédients sont là : de l’action, du suspens, des personnalités outrageusement exagérées, de l’héroïsme, de la classe, du sang-froid, de la trahison, et une mécanique de vengeance soigneusement huilée.

Le tout incarné dans des rongeurs hauts comme trois pommes.

Imaginez Clint Eastwood en train de mâchouiller une graine de tournesol haute comme sa tête, sur un empilement de cadavres. Et vous avez là tout le plaisir de l’auteur, dont on sent l’amusement à chaque ligne, et celui du lecteur.

Il n’y a pas grand chose à dire de plus sur ce livre. Ce n’est « que » une blague potache brillamment menée, un classique parmi les hommages aux classiques, un moment de pur plaisir régressif.

Ce n’est « que » le roman le plus savoureux que je n’avais pas lu depuis bien longtemps…

Citation :

– « This is the greatest hat anyone have ever worn, » he said, pointing at his beret. « This hat was a gift from the Emperor of Mexico, after I saved his life from a rampaging skunk. he begged me to stay on as his chief adviser, but I said ‘Emperor, Bonsoir cannot be caged, not even with bars of gold' ».

– « Mexico doesn’t have an emperor. »

– « That is Mexico’s misfortune, for all the greatest countries have emperors. »

The Dungeoneers – par Jeffery Russel : heroic fantasy version SWAT

Les aventuriers à l’ancienne sont de vulgaires amateurs.

Dans les donjons, ils font confiance à leurs épées pour résoudre tous les problèmes, foncent droit devant avec une malheureuse torche, et ne regardent pas où ils mettent les pieds.

Puissent-ils mourir rapidement et ne pas s’en plaindre.

Dans The Dungeoneers, Jeffery Russell se concentre sur une équipe de professionnels du ratissage de couloirs obscurs. L’ouvrage est tactique, tout en restant léger. Dommage qu’il lui manque un soupçon d’âme.

Pour nos amis malvoyants : une affiche moyen-âgeuse placardée sur un panneau de bois, proposant les services des "Dungeonners"

Novella contrastée

D’un côté :

  • la race des nains est assez bien réussie. Ils ne se cantonnent pas à des barriques à bière sur patte maniant la hache : leur nécessaire adaptation à leur écosystème d’origine (le creux de montagne) est la source de quelques idées originales,
  • la tactique mise en place est cohérente, plus élaborée que le classique « voleur + sorcier + guerrier + clerc », et parfois bien pensée (à commencer par la manière du groupe de frapper à la porte du donjon),
  • quelques blagues font mouche, même si elles ne volent pas bien haut,
  • la novella est assez un genre assez bref pour rester un agréable divertissement.

De l’autre :

  • l’abus de langage parlé alourdit la lecture plus qu’il ne la vivifie (un petit exemple : « Er… jest go behind a tree er sumthin’ ‘n wash yer hands after, eh ?« ),
  • le donjon est, par nature, un dédale complexe de couloirs regorgeant de mécanismes imprévisibles; et l’auteur n’est pas toujours très clair dans ses descriptions
  • les personnalités ne sont pas très affirmées, ni très marquantes : il est difficile de ne pas mettre tous les nains dans le même (grand) sac,
  • l’ensemble obéit à des règles scénaristiques classiques qui le rendent prévisible.

Avec ce louable effort de déniaiser le genre « exploration de donjons », Jeffery Russell offre un agréable moment, et apporte une contribution intéressante au genre de la « fantasy pragmatique ».

Citation :

Chickens are true creature of zen – they live only and absolutely for the moment.

 

NB : ce livre est auto-édité. Toutes les informations pour vous le procurer sont sur le blog de l’auteur.

Nine Goblins – par T. Kingfisher : perle verte et visqueuse

Le goblin est une des créatures les plus modestes du bestiaire fantasy classique.  Il va rarement, à lui tout seul, mettre un empire à feu et à sang.

De la même manière, Ursula Vernon (sous le pseudonyme de T. Kingfisher) ne prétend pas non plus écrire de l ‘epic fantasy’ mettant en jeu le destin du monde.

Elle n’a qu’une ambition : nous faire passer une ou deux heures agréables en compagnie de ses troupiers.

Et elle y arrive très, très bien.

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Amorce de l’histoire : une escouade de neuf goblins s’égare lors d’une bataille contre les elfes et les humains.

Rendre attachant ce qui aurait bien besoin de détachant

Nine goblins relève de la pièce de théâtre.

Il s’attarde sur un groupe de quelques peaux vertes, lui adjoint quelques autres protagonistes, explore quelques décors, et le tout est joué. Rien qui ne peut être mis en scène à l’aide de deux ou trois artifices bien placés. Et beaucoup de maquillage.

En se focalisant sur ce nombre limité d’éléments, Ursula Vernon parvient à les rendre vivants. Les tas de remugles sur pattes que constituent les personnages jaillissent du livre pour envahir notre imagination. Et ce avec une netteté assez stupéfiante. Tout tient aux dialogues.

L’on assiste donc aux chamailleries, aux plaintes et aux idées absolument minables des membres de cette l’escouade, spectacle réjouissant parce que donné avec un ton juste et un art consommé de la stupidité.

Rien de baddass, il faut le dire. Votre coeur ne sera pas gonflé par l’émotion que procure une charge du Rohan. Vos rêves de gloire ne se concrétiseront pas sur le papier. Mais sans doute serez vous surpris par la logique des gobelins. Une vraie logique, un raisonnement tordu, et tellement évident une fois énoncé, qui prouve que l’auteur a réussi à dépasser largement le stade du cliché, pour se glisser dans la peau sale de ses personnages*.

Je vous laisse en juger avec cette citation :

Goblins appreciate machine that are big and clunky and have lots of spiky bits sticking off them, and which break down and explode and take half the Corps with them. That’s how you knew it worked. If it couldn’t kill goblins, how could you trust it to kill the enemy ?

 

Si vous deviez trouver un premier livre pour vous mettre à la fantasy en anglais, Nine goblins serait probablement un très bon choix (rappelez-vous juste que ‘zucchini’ veut dire ‘courgette’).

Donnez lui donc juste sa chance. Pour la petite heure de lecture qu’il demande, il le mérite amplement.

Vive les romans basés sur des races débiles ! Ils tiennent leurs promesses.

*à ce titre, l’auteur devrait gagner un ‘point Terry Pratchett’. Ou une médaille.

NB : ce livre est auto-édité. Vous trouverez les informations nécessaires pour vous le procurer au format électronique sur le site de T. Kingfisher.

Spiderlight – par Adrian Tchaikovsky : délicieuses déceptions

Commençons par l’appréciation : savoureux. Et développons.

Adrian Tchaikovsky embrasse tous les stéréotypes de la quête sacrée d’un groupe de héros (un mage + un clerc + un voleur + un archer + un guerrier = une sauvegarde gratuite de Baldur’s Gate). Il les embrasse un à un, avant de les poignarder dans le dos.

Et comme si ça ne suffisait pas, il utilise un humour assez acéré pour que la blessure fasse mal.

Spiderlight, c’est un pastiche réglé au poil, avec ce qu’il faut de réflexion pour ne pas tourner en rond.

pour nos amis malvoyants : une équipe d'aventuriers (mage, archer, guerrier, clerc) affronte une araignée géante

divulgâcherie : aucun aventurier n’a d’aérosol sur lui

Amorce de l’histoire : un groupe d’aventuriers entreprend le chemin dicté par une prophétie pour défaire le maître des forces obscures.

Vous avez déjà lu de la fantasy ? Vous connaissez l’histoire.

Mais qu’importe. L’auteur annonce la couleur dès les premiers chapitres : il y a une prophétie à respecter, et respectée elle sera.

Le fil rouge est installé. Et le monde de Spiderlight n’a pas besoin de grandes descriptions. Une forêt, une forteresse, une tour noire… Tous ces clichés sont autant de décors que notre cerveau a en réserve, et qu’il peut fournir à notre imaginaire sur commande, sans fournir le moindre effort. Un vrai théâtre. Prenez donc cela comme l’occasion de vous reposer le cortex, pour vous concentrer sur les mises en situation.

La contrepartie, c’est que vous serez d’autant plus à l’aise avec ce livre que vous avez lu et/ou vu de la fantasy. ce n’est pas un roman pour débuter dans les littératures de l’imaginaire, sous peine de rater de nombreuses références (comme voir Shreck sans avoir lu de contes).

Toute l’ironie tient dans les personnages.

Le « problème » de ces héros, c’est qu’ils ont une âme. Et que leurs traits de caractère débordent du rôle qui leur est souvent attribué (le grognon, le hautain, le dévot, etc…), rôle qui se limite dans de nombreux romans de fantasy à quelques tirades de circonstances.

Ici, pas besoin de faire mine de s’intéresser aux obstacles à franchir, tout le monde les connaît. En conséquence, les aventuriers prennent toute la place. Ils analysent ce qui leur arrive, ils critiquent, ils se rebellent ou traînent des pieds. Et Adrian Tchaikovsky a suffisamment de talent pour donner de la saveur à leurs pensées et à leurs réparties.

Ce parti-pris donne lieu à des contretemps, à des petits retournements de situation et à des exagérations de poncifs qui s’égrènent le long du fil rouge menant les héros à leur quête. Pour le plus grand bonheur du lecteur.

Un héros comme levier pour renverser les clichés.

Il y a une surprise dans les premiers chapitres que je me refuse à vous révéler (à l’instar de la quatrième de couverture). Une petite déformation qui se glisse dans ce groupe si homogène d’aventuriers calibrés pour l’exploit. Et cette déformation va gratter. Au début, comme une simple irritation. Puis, au fur et à mesure de livre, comme une démangeaison si forte qu’elle va venir à bout du vernis qui recouvre un monde à l’imaginaire figé.

Vous me direz, c’est le cas de nombreux pastiches. Mais celui-ci m’a pris par surprise.

D’abord parce qu’il met du temps à se déclarer comme tel. L’histoire ne commence pas avec tambours et trompettes, ni de multiples clins d’oeil.

Ensuite parce qu’il a réussi à dénicher une ou deux idées préconçues que je gardais bien précieusement enfouies au fond de ma cervelle. Moi qui croyais naïvement être à l’abri des jugements hâtifs…

Alors faites attention, ce roman est malin !

Citation :

Then the small Man, Lief, was back [with clothes in his hands], his expression betokening great satisfaction.

« Am I not the most ressourceful of all thieves ? » he declared, then appared to regret it because Dion had turned a stern gaze on him :

« I gave you money. »

The Hike – par Drew Magary : voyage désorganisé

Cela commence comme un très bon livre fantastique, oscillant entre rêverie sanglante et réalité. Avant de sombrer dans une fantasmagorie proche de la psychanalyse (ou du conte). Pour retomber in extremis sur ses pieds, grâce à une bonne chute.
The Hike se permet tout et n’importe quoi, avec quelques passages bien ficelés.

pour nos amis malvoyants : une route stylisée sinue entre un crabe, un chateau, un oeil, des monstres et des insectes.

Fallait-il vraiment s’attendre à un roman « carré » ?

Amorce de l’histoire : un homme, arrivé tôt à son hôtel situé en pleine montagne, décide de tuer le temps en suivant un sentier au hasard. Sans savoir que le chemin du retour lui sera très, très difficile…

Bonjour l’ambiance

Des daims écrasés sur la route, leur sang maculant la chaussée sur des centaines de mètre.
C’est sur cette image glauque et propice à une athmosphère purement fantastique que commence The Hike.
Puis le héros prend une chambre d’hôtel dans un coin de montagne reculé, et part en vadrouille pour le plaisir de prendre l’air. Il trouve alors dans les bois assez d’aventures pour remplir plusieurs vies.
Passé ce point, ne vous attendez pas à un jeu subtil entre réel et imaginaire, parsemé d’indices et d’incohérences soigneusement choisies. Lorsque Drew Margary s’aventure dans l’imaginaire, elle met les deux pieds dedans. J’espère que vous aimez les contes.

Des symboles, en veux-tu, en voilà

La marche qu’entreprend le héros, initialement pour tuer le temps, se révèle être un long voyage dans son univers intérieur.
Tout n’est que symbole, métaphore et allusions. Ses souvenirs, ses peurs, ses doutes et ses fantasmes prennent forme, sculptés dans son imaginaire. Il faut tantôt les affronter, tantôt les apprivoiser.
Cela a le charme ou l’inconsistance d’un Alice au Pays des Merveilles ou d’un trip de Thimoty Leary, selon votre goût plus ou moins prononcé pour les intrigues solidement bâties.
Etonnament, The Hike se révèle être un roman initiatique, ce que le portrait du personnage brossé en premier lieu (un adulte à la vie bien établie) ne laisse pas deviner.

L’important, c’est la ballade

Il n’y a pas d’intrigue à proprement parler. Le lecteur comme le héros suivent un chemin qui doit bien mener quelque part. Mais est-ce bien important ?
Après des début palpitants, le temps s’étire de plus en plus paresseusement. Et malgré les nombreux dangers qui guettent le héros, la menace qui pèse sur sa destinée ne paraît pas bien importante.
Reste alors à contempler les paysages et les tableaux que traversent les personnages, avec dans un coin de l’esprit cette question : si j’avais fait des études de psychologie, aurais-je ris ou hoché la tête avec un air intelligent ?

Citation :

-« Don’t give me a name, » said the crab. « I’ve done just fine so far without one. »
-« Franck. »
-« I don’t want to be fuckin’ Franck. I’m a crab. Don’t go naming me or I’ll clip a toe off. »
-« Fine ».
-« If you call me Franck, I’m gonna call you Shithead. »

The last adventure of Constance Verity – par A. Lee Martinez : glace acide et guimauve

Lisez A. Lee Martinez si vous aimez les livres au parfum de série Z, qui se moquent d’eux-mêmes autant que du reste de la création.

Choisissez celui-ci si vous voulez suivre les émois fondants d’une héroïne blasée de sa vie extraordinaire.

Ne vous attendez pas à en garder plus qu’un souvenir de dessert mécaniquement englouti devant un film.

Pour nos amis malvoyants : une femme souriante et jambes croisées, assise sur un fauteuil de bureau entouré par les corps d'adversaires terrassés

La couverture ne donne pas vraiment la mesure de l’étendue des adversaires WTF qu’affronte Constance…

Un livre en mode glace – pyjama

Amorce de l’histoire : Constance Verity jongle avec les aventures depuis ses sept ans. Elle s’est battu contre tout l’éventail des monstres possibles : robots, monstres, dieux, ninjas et évier bouché. Le tout sans perdre de bras. Mais peut-elle décider de refuser l’aventure ?

Formulée comme cela, l’intrigue rappelle tous les scénarios où le héros se bat contre sa Destinée. Ce qui revient à ressortir du frigo le vieux démon de Laplace, ou à regarder les personnage se battre contre leur propre auteur. Le combat est biaisé, et potentiellement aussi tortueux que des problèmes spatio-temporels. Heureusement, on parle bien ici de l’aventure de Constance Verity, et pas sérieusement de ses dilemmes philosophiques. La réflexion de l’auteur n’est qu’en surface.

Vous avez dit ‘stéréotype’ ?

A. Lee Martinez en rajoute des louches, et il l’assume. En empruntant un style très imagé, il tente de réaliser un tour de magie digne de Terry Pratchett : dénoncer par le rire les sempiternels clichés et mêmes d’un genre littéraire, tout en imposant sa propre mécanique narrative qui n’est pas exempte de tout classissisme. Cela fonctionne à petite dose, par tranches de quarante pages dédiées à un univers particulier. En lire plus en un session revient à avaler d’affilée 8 meringues de la taille d’un pain de campagne…

De la difficulté des livres individuels

A. Lee Martinez ne tente pas de façonner un univers, comme bien des auteurs des littératures de l’imaginaire : il tente d’imposer un ton. Celui d’un auteur qui n’arrive pas à se prendre au sérieux, et qui nous fait un clin d’œil quand il utilise des ficelles narratives plus grosses que lui. Il sait que le lecteur verra ses trucs et astuces, et cela fait partie du jeu. On visualise ses œuvres comme autant de films à petit budget, au scénarios bien rôdés, ponctués de petites phrases qui font mouche et d’instants ‘girly’ comme autant de broderies autour d’une nappe tachée de sang.

Citation :

The Red Shadow ninja’s corpse vanished in a puff of smoke. All the best ninjas are self cleaning.