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The Hike – par Drew Magary : voyage désorganisé

Cela commence comme un très bon livre fantastique, oscillant entre rêverie sanglante et réalité. Avant de sombrer dans une fantasmagorie proche de la psychanalyse (ou du conte). Pour retomber in extremis sur ses pieds, grâce à une bonne chute.
The Hike se permet tout et n’importe quoi, avec quelques passages bien ficelés.

 loup

Amorce de l’histoire : un homme, arrivé tôt à son hôtel situé en pleine montagne, décide de tuer le temps en suivant un sentier au hasard. Sans savoir que le chemin du retour lui sera très, très difficile…

Bonjour l’ambiance

Des daims écrasés sur la route, leur sang maculant la chaussée sur des centaines de mètre.
C’est sur cette image glauque et propice à une athmosphère purement fantastique que commence The Hike.
Puis le héros prend une chambre d’hôtel dans un coin de montagne reculé, et part en vadrouille pour le plaisir de prendre l’air. Il trouve alors dans les bois assez d’aventures pour remplir plusieurs vies.
Passé ce point, ne vous attendez pas à un jeu subtil entre réel et imaginaire, parsemé d’indices et d’incohérences soigneusement choisies. Lorsque Drew Margary s’aventure dans l’imaginaire, elle met les deux pieds dedans. J’espère que vous aimez les contes.

Des symboles, en veux-tu, en voilà

La marche qu’entreprend le héros, initialement pour tuer le temps, se révèle être un long voyage dans son univers intérieur.
Tout n’est que symbole, métaphore et allusions. Ses souvenirs, ses peurs, ses doutes et ses fantasmes prennent forme, sculptés dans son imaginaire. Il faut tantôt les affronter, tantôt les apprivoiser.
Cela a le charme ou l’inconsistance d’un Alice au Pays des Merveilles ou d’un trip de Thimoty Leary, selon votre goût plus ou moins prononcé pour les intrigues solidement bâties.
Etonnament, The Hike se révèle être un roman initiatique, ce que le portrait du personnage brossé en premier lieu (un adulte à la vie bien établie) ne laisse pas deviner.

L’important, c’est la ballade

Il n’y a pas d’intrigue à proprement parler. Le lecteur comme le héros suivent un chemin qui doit bien mener quelque part. Mais est-ce bien important ?
Après des début palpitants, le temps s’étire de plus en plus paresseusement. Et malgré les nombreux dangers qui guettent le héros, la menace qui pèse sur sa destinée ne paraît pas bien importante.
Reste alors à contempler les paysages et les tableaux que traversent les personnages, avec dans un coin de l’esprit cette question : si j’avais fait des études de psychologie, aurais-je ris ou hoché la tête avec un air intelligent ?

Citation :

-« Don’t give me a name, » said the crab. « I’ve done just fine so far without one. »
-« Franck. »
-« I don’t want to be fuckin’ Franck. I’m a crab. Don’t go naming me or I’ll clip a toe off. »
-« Fine ».
-« If you call me Franck, I’m gonna call you Shithead. »