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Norse mythology – par Neil Gaiman : épique camisole

Un nouveau Neil Gaiman !

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah [expectatif].

Sur la mythologie nordique !

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah [interrogatif].

Ce n’est pas une histoire ! Mais une saga en prose !

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah [dubitatif].

Une histoire de dieux, de géants, d’armes magiques, de trahisons et de destins.

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah [s’étire les bras et va se coucher].

loup

Un canevas magnifique…

La mythologie nordique regorge d’images fortes dans lesquelles il est facile de puiser : Odin, Thor, Loki, les steppes gelées et les palais éternels réservés aux valeureux guerriers. L’imaginaire de tous les lecteurs ne demande qu’à nous renvoyer des stéréotypes glorieux, préparés par des livres, des films ou des bandes dessinées.

Et il est vrai que cette mythologie a ce qu’il faut de consistance pour réveiller les plaisirs primaires du lecteur (sagesse mystique de l’un, force brutale de l’autre…).

Et ce qu’il faut de pans d’ombre pour y glisser ses histoires sans choquer le puriste.

Elle a l’envergure d’une histoire du monde, avec sa genèse et son apocalypse, son vocabulaire exotique et sa morale.

Son et lumière, tout y est.

Peut-on vraiment en vouloir à Neil Gaiman d’avoir cédé à la tentation ? La pomme est rouge et juteuse à souhait.

D’autant plus qu’il dépeint des dieux nordiques assez truculents, en froid avec des géants de glace qui leur sont bien proches, incapables de réagir devant l’adversité autrement que comme une bande d’ivrognes et de débiles surpuissants (Loki mis à part).

D’autant plus également qu’il apporte une touche de nuance et de complexité à une histoire bien souvent résumée à des affrontements binaires (Thor contre Loki, Odin contre Fenrir, Thor contre un vase d’hydromel…).

Un canevas magnifique… dans lequel Neil Gaiman se trouve bien engoncé.

Qu’elle est belle, donc, cette trame !

Mais qu’est ce que Neil Gaiman peut en faire ? Rien de neuf.

En définitive, sa mythologie reste une histoire de combats et de ruses, enchaînés à un rythme presque mécanique, comme la rédaction d’un écolier sur le thème des vacances (alors cet hiverse tonton Thor a fracasséer une montagne, et puis il a fracassé des géants, et puis Loki lui a noué les lacets et puis…). 

Il n’y a plus de style, plus d’ambiance.

Neil Gaiman ne fait pas subtilement  comprendre au lecteur que le marteau de Thor est surpuissant : on l’annonce au lecteur tel quel : « il est surpuissant ».

A la lecture de ce livre, j’avais l’impression d’entendre un huissier déclamer d’une voix monocorde « et maintenant, la pièce 25, un marteau de Thor, il est surpuissant ».

Neil Gaiman m’a fait rêver dans American Gods en s’appropriant d’une manière toute personnelle des idoles du passé du présent.

Il a sous entendu des combats formidables en seulement quelques lignes dans Nobody Owen.

Il m’a émerveillé dans ses nouvelles avec de simples histoires de chat.

Dans tous ces écrits, il a pu prendre ses aises, développer son originalité, et s’approprier son univers.

Mais pas ici.

Ici il a suivi les règles de narrateurs moins doués que lui, comme un scénariste hollywoodien se pliant à des canons d’écritures éculées pour séduire le plus grand monde.

Ou peut-être a-t-il réalisé un hommage à des comics qui ne font pas partie de ma culture. Voilà tout.

Ce n’est pas grave si je ne suis pas la bonne cible de ce roman : j’attendrai quand même le prochain. Avec des Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah.

Citation :

« Fair enough,  » said Thor. « What’s the price ? »

« Freya’s hand in marriage. »

« He just wants her hand ? » asked Thor hopefully. She had two hands, after all, and might be persuaded to give up one of them without too much of an argument.